First date (24) : Jean

*Attention, super méga hyper gros énorme immense et obèse pavé dans ta face*

Bon, pour tout avouer, cette histoire me trotte encore dans la tête. Alors que ça date de l’année dernière… pour te dire que Jean a marqué mon petit cœur. Gros article rien que pour toi. En espérant surtout que ça va pas être gonflant à lire. Je devrais faire des chroniques à la radio en fait, ce serait tellement plus simple. Je serais la super star de FranceInter ou Europe1, laisse tomber. Je pourrais me faire remonter les einss, liposuccer le fion et avoir un cuisto vegan à domicile… Et avoir un coach à disposition. Les hommes seraient dingues de ma personnalité et de mon humour unique, sans parler de mon incroyable chevelure d’or. Mais je crois qu’à force de me faire alpaguer en terrasse mes amis seraient saoulés de ce star-système.

Bon, en attendant je reste sur le blog. Humilité quand tu nous tient. Digressions aussi.

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J’utilise Tinder, Happn ou encore Adopte un mec dans le but de rencontrer l’homme de ma vie. Enfin, homme de ma vie… On se comprend : restaurants, concerts, balades, bars, cinoches et baise. Disons-le très honnêtement je ne cherche pas à partager un appartement avec un mec, je ne veux pas me marier et je ne souhaite plus avoir d’enfant. Retiens bien cela car ça va jouer dans mon histoire avec Jean. Alors attention, tout cela ne signifie pas que je ne tiens pas au mec, quand je suis avec quelqu’un je tiens beaucoup à lui, je suis ultra attentionnée, attentive, généreuse… J’ai un mec quoi, j’y tiens grave. Ne pense surtout pas que je suis dans la recherche « du kiffe quand je sais pas quoi faire » en gros. C’est pas ça du tout. Les sentiments sont là, juste que la forme du couple est différente du schéma traditionnel.

Bien que je sois quotidiennement sur Happn pour faire mon petit tri sur la timeline, je vois finalement peu de mecs de cette application. Je les trouve très… « Parisiens ». Tu vois ce que je veux dire ou pas? Je pense qu’ils sont assez hautains, pas très fiers d’être présents sur cette application et surtout assez nazis envers les banlieusards. Moi en tous cas, j’ai cette drôle d’impression. Ne serait-ce que Ben. Ce gros naze de Ben a toujours refusé de mettre les pieds dans mon charmant appartement en banlieue par exemple. Bref, je trouve qu’il règne une certaine atmosphère condescendante sur Happn.

Sache d’ailleurs que depuis le mois de septembre je vois régulièrement Ben. Il habite le 11ème arrondissement dans Paris et je me déplace TOU-JOURS depuis la banlieue vers son quartier. Il est un peu relou car je sens qu’il s’en fout de moi et je vais pas te mentir mais je suis en parallèle toujours présente sur Happn et Tinder (bouh la vilaine, hé oh ça va hein !! C’est pas mon mec et il me l’avait dit explicitement ! Donc ça va hein !). Tu comprends donc qu’Happn et sa fonction de géolocalisation fonctionne à fond quand je fais dodo chez lui. Sans scrupule la nana. En même temps c’est pas mon keum !


J’ai vu pour la première fois le profil de Jean fin du mois de décembre 2015 : ses photos sont plus que pourries => le mec porte un bonnet Pikachu géant sur sa photo principale, est déguisé en gros bourge assistant à une course hippique dominicale, boit une coupe de champagne sur un bateau et il est de profil avec un chat dans les bras sur la dernière photo. Autrement dit => je me demande encore aujourd’hui ce qui m’a plu dans ces photos car aucune ne donne envie. Je te jure hein, mais vraiment le mec n’envoie pas du rêve. Vraiment. En plus je n’aime pas trop les chats, les courses hippiques (je mange rarement de la viande alors tu imagines que voir des chevaux se faire cravacher… moyen quoi) je déteste ça, je n’ai pas le pied marin et j’aime pas les Pokemon.

Dans le doute, je like quand même. Parce que j’aime son nez de profil.

Pas de match.

Tant pis.

Un soir, toujours fin décembre, mon téléphone vibre (grrrrrrrrrr) et… Surprise mon pote, match avec Jean \o/

Je me sens un peu emmerdée sur les bords quand je me mets à regarder son profil et je me dis « Ah crotte, pffffffffffff quel ringard » (-_-‘). Le gars lance rapidement la conversation, super cool, on se fait une battle de musique c’est drôle. Il a l’air gentil, p’tre même un peu trop mais bon, Jean est très avenant et jovial. Il m’apprend qu’il vient de d’emménager tout juste dans le 11ème depuis quelques jours, vers Bastille et plus précisément vers ce bar qui se trouve directement dans… la rue de Ben. Pour être plus claire :

  • Ben habite le numéro 45
  • Jean vient d’arriver au numéro 50

Je te jure, c’est pas une blague. C’est rigolol non ? Au moins ça va, je connais le chemin héhé.

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Bref. On papote comme ça, de tout et de rien, mais c’est rapide. Le lendemain, assise en terrasse à siroter un verre de vin (on se refait pas n’est-ce pas) je propose à Ben via message qu’on se fasse une petite soirée comme à notre habitude : petite bouteille de pinard + dodo à deux. OKLM, on est en hiver, tranquille quoi. Et c’est pile à ce moment là que Ben me met un énorme scud dans la tronche => RAPPELLE TOI (t’as le lien un peu plus haut feignasse). Du coup, je me morfonds le temps d’une soirée en compagnie de ma poto qui était avec moi lors de la réception du dit message de la muerté. Culé va (-_-‘). J’étais vexouille laisse tomber, comme un gros pou. Obèse le pou.

Dès le lendemain, je relance Jean sur notre discussion et on ne se lâche plus trop. Jean me souhaite de passer une bonne soirée pour le réveillon. Lui et son putain de bonnet de Pikachu… Il m’agace MAIS il est sympa malgré tout. Et puis j’ai un peu le seum à cause de Ben mais je vais bien quand même… Mais je suis un peu triste…

Suite au scud envoyé par Ben, j’ai enchaîné les rencontres : Martin, Francis et Robin. En une semaine. Je suis comme ça, dès que ça se termine avec un mec, il faut immédiatement que je passe à autre chose. Je vais très rapidement sur Tinder ou autre et je tente de me trouver un gars open pour me changer les idées. Pas forcément du cul hein, juste que je pense à un autre que celui qui me fait de la peine. Oui, je suis une fille méga sensible, oui mon petit cœur est parfois meurtri. C’est pour cela que j’ai enchaîné les rencontres façon Speedy Gonzales, il fallait que Ben sorte de mes pensées. Ça marche et tant mieux tu me diras.

Enfin ça marche… Surtout quand tu rencontres un mec qui te plait. Car malgré les rendez-vous enchaînés je n’ai pas la chance de tomber sur des gars qui me plaisent. Pas de bol, that’s life hein, mais comme je suis une éternelle optimiste je continue encore et encore la quête du St Graal. Sans mon fouet et sans mon chapeau.

C’est alors que je décide de voir Jean. Plus exactement le jeudi 14 janvier 2016 au soir. Soit le lendemain de ma rencontre avec Robin. J’ai peur de rien, je suis toujours à bloc pour me trouver un mec tranquille et normal avec qui partager des trucs. On convient d’un lieu assez cool dans le 9ème arrondissement. C’est lui qui a choisi le bar et je salue le gars car il a bon goût. Il sait que je suis polonaise et nous a trouvé un chouette endroit pour boire de la vodka (mec t’as pas peur c’est chou). Et puis au dernier moment on change en se disant que ce serait plus sympa de boire du vin rouge en s’empiffrant de charcuterie => glamour toujours et rototos au rendez-vous j’adhère grave.

Branle-bas de combat => comment je me fringue? Vas-y je vais même pas me prendre la tête ce sera jeans / baskets à scratchs / sweat / manteau large / totebag et bonnet. Je décide donc de rien miser du tout, je crois que j’ai atteint un stade de « je m’en ouf total car dans tous les cas ça va être naze ». C’est assez dépitée et le cœur lourd de misère sentimentale que je me traîne sans grande conviction pour voir Jean. Franchement, je suis blasée mais d’une force. Je n’ai pas du tout envie d’y aller mais j’ai envie de me changer les idées et de voir du monde. J’aime papoter (hu tu t’en étais pas encore rendu compte ?!!) j’aime découvrir les gens… Bref. Mais vraiment, je n’ai pas le moral. Tu sais cette sensation genre gros spleen en pleine face => les fêtes de fin d’année sont finies, gros scud de Ben, il fait encore bien froid, les jours sont encore courts, c’est l’hiver et t’as limite encore un peu la chiasse des gros repas de famille. Et en plus il pleut et il n’est que 19.00.


Je sors du métro et j’appelle Jean qui m’annonce qu’il m’attend devant le bar, il fume une cigarette en m’attendant. J’arrive dans la rue, ouèche avec mon casque sur les oreilles avec en fond sonore « The less I know the better » de Tame Impala quand j’aperçois un gars au loin adossé au mur près du bar. Je marche encore et m’approche… Et… Hein ?! C’est Lui ?!

Hu.

(*_*)

WTF motha fucka.

Impossible.

(O_O’)

AÏE MON CŒUR 

Pince-mi, pince-moi je rêve.

Oh le BOR-DEL

C’est quoi ce type ultra canon ?

Je te fais un topo de ce que je suis en train de voir là tout de suite => le mec est ultra grand, manteau gris clair genre à chevrons, jeans brut droit, Nike Air force 1 blanches, bonnet noir, barbe. La messe est dite, la simplicité à l’état brut.

Le gars est de profil et je vois sa pomme d’Adam (détail que je kiffe laisse tomber parce que quand je vois la pomme d’Adam d’un mec, je l’imagine comme ça si tu vois de quoi je parle là tout de suite, allez salut) qui ressort grave, à ce moment là il plisse des yeux, tire lentement une latte sur sa cigarette, lève son visage vers le ciel, son regard se perd, il souffle la fumée en l’air… perdu dans ses pensées il tourne la tête et… nos regards se croisent. Le mec me sourit. Son visage s’illumine.

« Oh my love, can’t you see yourself by my side »

!!!! BIM AÏE ASSASYMPHONIE !!!!

« Oh my love, can’t you see yourself by my side »

Putain de bordel de merde. Bah je me suis bien trompée sur ton compte Jean. Et laisse-moi te dire que tu ne sais pas du tout te mettre en valeur sur tes photos.

J’avance vers lui, je retire mon casque, lui lâche un sourire digne d’une publicité Colgate MaxWhite et j’ajoute un soupçon de yeux rieurs, spontanéité totale. Je suis hyper impressionnée. On se salue et on entre dans le bar, archi bondé de fifou. Grosse chaleur à l’intérieur, on attend côte à côte qu’une place se libère au bar pour se poser. MEGA GROS BLANC DE FOU. Je suis gênée.

Il est immense, je suis une minus. Je lève la tête pour le regarder et lui la baisse au même moment pour me regarder. GROS BLANC. Gros sourires des deux côtés, on se marre, ce genre de rire nerveux où tu glousses comme une greluche de 13 ans. Dans un éclat de rire il met son bras autour de mon cou et me serre près de lui => AÏE MON CŒUR JEAN \o/

Enfin une place se libère pour qu’on puisse se poser. Super, deux tabourets l’un à côté de l’autre, Jean prend notre commande au bar en mentionnant surtout pas de lait de vache dans les fromages et GROS BLANC et GRANDS SOURIRES DES DEUX COTES en se regardant dans les yeux. On passe… ah putain, p’tre 5 heures dans ce bar. On boit, on mange, on s’échange nos verres de vin, on partage les tranches de saucisson et de fromage de chèvre (oui Jean a un peu gueulé sur le serveur qui avait zappé mon allergie alimentaire, aïe mon cœur) et on se raconte énormément de choses. C’est d’une fluidité => t’as cette impression de légèreté car tu sais que ça se passe bien, tu sens que le mec est gentil, il t’écoute, il s’intéresse à toi, il te touche les mains quand on a quelque chose en commun ou une citation qu’on sort en même temps… Je me sens hyper bien à ses côtés, j’adore ce moment. Cette rencontre, elle est extra et bordel ça faisait un moment que je l’attendais.

On se quitte dans les couloirs du métro en se claquant la bise, toujours dans une pluie de sourires. Puis, assise sur mon strapontin, j’ai cette sensation de flottement, zénitude totale, sourire incontrôlable. J’envoie un sms à une copine pour lui dire que ça y est, j’ai enfin rencontré un mec qui me plait \o/ Je reçois au même moment un sms de Jean => « J’ai passé un super moment avec toi, rentre bien et vivement la prochaine fois. » => j’en chialerais de bonheur tellement c’est trop bon de lire ce genre de sms sérieux (*_*) Adorable ce mec.


Une semaine plus tard notre second rendez-vous sera également idyllique. On a passé notre temps à papoter de tout et de rien, on prend le temps de se connaître et de se livrer l’un à l’autre. Tant de connexions, tant de points communs, j’adore, je kiffe. A la fin de la soirée, en se quittant, le mec m’embrasse tendrement pour me dire au revoir… Tu sais quand le gars prend ton visage entre ses deux grandes mains et qu’il te caresse la nuque => moi je fonds carrément. Surtout quand t’as les papillons dans le bide toute la soirée et que tu n’attendais que ça putain. Ça dure un long moment, on est assis sur le rebord le long d’un mur… Il me tient la main et me dit qu’il a hâte qu’on se revoie. Aïe mon cœur.

On ne tarde pas à se voir car on se fixe déjà un rendez-vous le lendemain (ouais les gars, c’est comme ass). Jean me propose de venir chez lui et qu’il me fait à manger. J’apporte de mon côté une bonne bouteille de vin et du chocolat. Ce qui est cool avec lui c’est qu’il est végétarien et qu’il fait très attention à ce qu’il mange, cool pour mon éternel régime. Y’a encore beaucoup de cartons chez lui et c’est un peu le boxon : genre y’a pas de tapis de bain, pas de miroir au mur dans la salle de bain (le fameux en face de ta tronche au dessus du lavabo), la litière du chat est dans le couloir, on ne peut pas trop accéder à la fenêtre du salon, y’a pas de petites lumières sympas à allumer hormis le plafonnier aveuglant etc. Bref, c’est pas vraiment grave car il vient d’arriver, c’est même normal. Pendant qu’il prépare sa salade de quinoa à la coriandre il me dit de me servir un verre de vin. J’en profite pour aller regarder la vue depuis son salon, j’ouvre la fenêtre et allume une cigarette.

« I said better late than never »

Nuit calme et paisible.

« Don’t make me wait forever »

Pas autant que Jean… arrivé par surprise en mode ninja qui pose ses mains sur le garde-corps, me bloque le passage et le gars est chaud comme la braise, je sens son souffle au creux de ma nuque, mon corps tout entier frissonne. On reste un petit moment comme ça, dans le silence. Oula, je sens que ça commence à monter doucement. Il serre ses bras, il est juste derrière moi et m’embrasse sauvagement. Il commence déjà à déboutonner ma chemise tout en me roulant des grosses pelles et je sais plus quoi faire de ma clope et de mon verre de vin. C’est con la vie parfois car tu penses à des trucs carrément secondaires et ces petits trucs de pacotilles peuvent carrément te gâcher un moment de fou. Je crois que je suis toc-toc et trop maniaque, je fais une fixette sur la cendre de ma Marlboro qui va tomber sur le parquet. Hé poto, c’est quand il a commencé à glisser sa main dans ma culotte Princesse Tam-tam à 30 balles que j’en avais plus rien à foutre de ma cendre. On n’a pas fait long feu Jean et moi dans le salon, il m’a chopé et m’a entraîné dans la chambre, m’a presque jeté sur son lit. Moi allongée et habillée, lui debout et me regarde d’en haut avec un petit sourire au coin des lèvres et il se déshabille lentement. Je sens que je vais prendre cher ce soir. Surtout quand il retire sa ceinture et baisse son froc.

(O_O’) PU-TAIN de MER-DEUH (O_O’)

\o/ Poye-poye-poye je vais niquer \o/

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Ma première fois avec Jean… Bah bordel, une des meilleure première fois de ma vie. Je-te-jure. Truc de ouf. C’est le genre de mec à bander tellement fort que t’as l’impression qu’il va faire un malaise *soupir*. Tellement fort et tellement longtemps que tu te dis que c’est inhumain *soupir*. Un mélange de mec en chien, de truc bien sauvage, d’excitation si forte que ça va partir bien violent mais d’un autre côté le gars prend son temps, s’occupe de toi pendant je ne sais combien de temps et ne s’en lasse pas, il est doux, il est hyper sensuel *soupir*… Son corps *soupir*… Putain son corps allo-le-monde. Presque 1m90 de muscles pas trop abusés, de grain de peau fabuleux, il a des taches de rousseurs partout, il a des mains parfaites, ses cheveux sont doux *soupir*… Il pourrait m’embrasser tout le temps je ne m’en lasserais jamais. Et son visage *soupir* putain son visage quand il baise. Tantôt énervé, tantôt abandonné. Ses avants-bras blindés de veines. Ah le bordel, c’était tellement de fou avec lui (et je te jure j’ai dû faire une pause dans mes écrits car j’ai la larmichouille à l’œil parce que la baise était juste absolument dingue avec Jean, mais vraiment, parce que Jean quoi).


Le temps passe auprès de lui, paisiblement. Toujours sur un fond sonore de Tame Impala, cette chanson… C’est drôle, mais dès qu’on était quelque part, elle résonnait cette chanson. Ca t’arrive à toi aussi d’avoir un souvenir musical d’une personne? Genre y’a un truc qui te lie avec cette mélodie, cette chanson. C’est fou, ce qui est dingue c’est que cette chanson était toujours là quand on se voyait.

S’en suit une relation super fluide, naturelle et cool de 6 mois. Jamais de prise de tête entre lui moi. On est sur la même longueur d’onde, pas de pression, pas de question… On profite l’un de l’autre et on se soucie de rien.

Sachant que je serrais toujours les fesses dans la rue, dans la crainte de croiser Ben. Faut pas l’oublier hein.

On se voyait régulièrement, au moins une fois par semaine, parfois 3. J’ai eu l’occasion de tomber dans une soirée avec ses potes, un super souvenir. Il a même vu une bonne copine à moi, chouette moment sachant qu’ils sortent de la même école, trop chou. On est même allés chez Ikéa tous les deux un dimanche (oui oui). Il m’a traîné dans des bars trop bien, au théâtre, en soirée… Jean venait souvent à la maison, je claquais la porte le matin pour aller bosser et lui prenait son temps pour se réveiller OKLM. Il avait ses céréales dans la cuisine et son bol spécial petit-déjeuner et c’était toujours propre et nickel quand il partait, la vaisselle était faite et le lit au carré. J’avais confiance quoi. J’arrivais à dormir chez lui tout comme je l’acceptais chez moi sans être mal à l’aise.

Un soir il vient à la maison. Je me souviens encore de cette soirée, le jeudi 2 juin 2016. Il revenait d’un séjour en Afrique pour le boulot, il avait beau être fatigué, on était content de se retrouver. Je l’ai emmené dans un bar à vin que j’aime beaucoup et alors que je lui racontais un truc de merde, il sort de son sac un paquet et me le tend « Tiens, j’ai pensé à toi, je me suis dit que ça allait te faire plaisir » => un bracelet trop joli et le geste était vraiment adorable de sa part. Ça m’a tellement touché. Me suis sentie conne en me disant « Bordel de merde Matka, ça y est c’est vraiment ton keum putain, il te fait des cadeaux ». Puis on parle du weekend qu’on va passer tous les deux, dans 10 jours. Entre temps je vais passer sur ma semaine « maman » et lui de son côté pourra se mettre à fond dans son boulot. Avant de s’endormir on a fait l’amour comme jamais, pffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff mais c’était tellement l’extase avec lui. D’une évidence mais j’ai bien sûr beaucoup de mal à l’exprimer par écrit. Bah quand tu baises avec ton mec et qu’il y a des sentiments TMTC que c’est forcément fou et fort. Je pars le matin as usual, il dort encore.

La semaine passe doucement, je me démène comme une dingue pour nous trouver des pass pour 2, pour un weekend entier pour un festival de Métal à Paris. Je sais que ça va lui faire plaisir, je sais qu’on va passer un super weekend et des bons moments ensemble. Grâce à dieu du plus haut des cieux (je suis athée t’emballe pas hein), j’arrive à choper gratos les pass, 200 balles de tickets et bim !! Trop heureuse et trop fière. Je garde ça secret et préfère lui faire la surprise vendredi soir quand on sera ensemble, il s’en doute pas du tout. Trop chou, j’ai hâte en plus il m’en avait parlé plusieurs fois. Comme une bouffonne amoureuse, je fais mon défilé de monde de poignet pour montrer à tout le monde son bracelet rapporté d’Afrique.

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Je fais une sorte de check-up de notre histoire. Je me dis que ça se passe bien, qu’on est tranquille tous les deux, que c’est fluide et qu’on ne se prend jamais la tête. C’est un mec vraiment bien, il est cool, drôle, très attachant, intéressant… je sais qu’il tient à moi. Je pense aussi… qu’il serait peut-être temps de lui parler d’une rencontre à trois, j’aimerais lui présenter ma petite progéniture, la chair de ma chair, la prunelle de mes yeux que je protège de toutes ces petites amourettes. Oui oui, tu as bien lu, je suis prête. JE SUIS PRÊTE PUTAIN A SAUTER LE PAS. Et je te jure que je ne te mens pas, c’est vraiment la vérité vraie, le timing est exactement celui que je suis en train de t’écrire.

*interlude larmichouille, je reviens*

Le vendredi tant attendu arrive, je check Jean pour savoir à quelle heure je peux partir de chez moi, je reçois une réponse et … Mais… Mais c’est pas du tout la réponse que j’attendais. Putain.

(*_*)

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« Is this what you want, is this who you are? »

==> C’est le drame <==

C’est l’assasymphonie. Mais dans l’autre sens. Tout s’écroule. Clairement, un sentiment de dégoût total. Putain mais pourquoi ?!

Aïe mon cœur.

Jean tu m’as tué à coup de 4 textos de merde. Comme 4 balles dans la poitrine. Connard.

« So goodbye »

Rappelle-toi mon ami de cet article écrit il y a bientôt un an. Tu sens comme j’ai les boules grave ? Tu sais quoi, j’ai encore aujourd’hui les boules grave. Je pense à Jean encore très souvent. Cette rupture a été si soudaine et violente que je ne m’y fais toujours pas. Je n’accepte pas le truc.

En gros, la raison pour laquelle Jean a décidé de mettre un terme à notre histoire c’est parce que lui envisageait quelque chose de sérieux. Ça le bouffait qu’on se voit qu’une semaine sur deux, ça le bouffait qu’on ne soit pas dans le même appartement et à la longue ça l’aurait bouffé qu’on n’ait pas d’enfant ensemble. Je suis trop indépendante, à ne pas vouloir me marier et vouloir un autre enfant, lui a préféré partir avant qu’il ne soit trop attaché à moi. Ce que je comprends, ce que je respecte. Si j’avais été à sa place, j’aurais fait la même chose. Je ne peux pas lui en vouloir, on n’a pas les mêmes attentes malgré notre entente parfaite et cette osmose omniprésente depuis le début et ça dès le premier regard. C’est comme ça, parfois, il faut savoir accepter ses propres choix même si ça fait chier. Parce que voilà, je ne peux pas, c’est plus fort que moi, je ne peux pas.

Il voulait me voir pour qu’on en parle. Je ne voulais pas le voir. Il voulait m’expliquer tout en détail, je ne voulais pas savoir. J’ai tout occulté, j’ai tenté de tout oublier, j’ai jamais voulu aller plus loin que ces sms de merde qu’il m’a envoyés ce jour là. Il les a envoyé, il a réfléchi à chaque mot écrit, c’est fait. What is done is done. Il m’a fait mal et je veux plus jamais qu’il m’en fasse. Moins j’en sais, mieux je me porte.

« The less I know the better »


ÉPILOGUE

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Se faire larguer comme un sale caca, ça fait mal. Se faire larguer par sms, ça fait mal. Ce qui m’a encore plus foutu les boules, c’est d’ouvrir les yeux sur des trucs qui n’allaient pas depuis un moment avec lui. Hé oui, tu te doutes que je ne t’ai pas tout dit. Dans tous les cas avec Jean on fonçait droit dans le mur :

  • Jean est ce que j’appelle un handicapé des sentiments. Ce truc de ne pas s’exprimer clairement : laisser plâner un doute, jamais faire de compliments, ce truc de ne jamais rien dire. C’est pas chelou ça ? C’est pas un poil agaçant ? De ne pas savoir ce que ton mec pense de toi… C’est pour ça, lorsque tu as lu « Oh trop cute il m’a offert un bracelet au bout de 6 mois » oui, c’est cute, mais quand je te dis que pour lui ça a dû être un effort surhumain de faire ce geste, c’est que fucking yes ça devait être assez dur pour lui de faire une démonstration de ce qu’il éprouve pour moi. Me rattacher à des messages subliminaux, tenter de décrypter le signal qu’il vient de m’envoyer … Non, désolée, je n’y arrive pas. Il me faut autre chose, je ne peux pas me prendre la tête sur chaque détail, ça me fatigue. Parce que merde, ça devrait venir du cœur, ça devrait être fluide et naturel quoi !
  • Y’a vraiment quelque chose qui me chiffonnait avec Jean => cette saleté d’habitude de ne jamais ponctuer ses messages. Toujours terminer ses phrases avec un putain de point final. Bien froid et bien hautain à la limite de la condescendance. Tu te sens un peu comme une merde parfois quand ton mec avec qui tu es depuis quelques mois n’y met pas du sien dans les échanges à l’écrit. T’as juste cette impression qu’il s’en fout. C’est très désagréable, vraiment…
  • Jamais il ne m’a dit « oh t’es jolie » « j’aime tes yeux » => non non non, jamais. Pire encore un « Je tiens à toi » « Je t’adore » « Tu me manques » => non tu peux te frotter bien fort Martine. Même au bout de plusieurs mois.
  • Relis un peu plus haut, Jean venait d’emménager. Hé bien figure-toi que 6 mois plus tard on était au même stade. C’est à dire que mes pieds étaient directly sur le carrelage en sortant de la douche, la litière de son chat (gentil son chat, je l’aimais bien) s’étalait dans le couloir, je supportais mal l’éclairage de son salon (genre néon jaune, tu vois?), les couverts dans un carton, les étagères à même le sol, pas de table basse… T’as pas envie de te poser mec ? T’as pas envie de te sentir bien chez toi ? Je sais pas moi… Je me donne un coup de pied dans cucul et je m’y mets… Et on n’en parle plus. Bon, pas lui.
  • Jean était hyper écolo à tendance vénère. Il me hurlait dessus quand je faisais la vaisselle « HEIN MAIS POURQUOI TU LAISSES L’EAU COULER PUTAIN PENSES A LA PLANÈTE », ne supportait pas les gens qui mangeaient de la viande et devenait un végétarien nazie (j’ai moi aussi mes convictions mais j’évite d’être agressive avec les autres, chacun ses idées et sa façon de consommer), me suis embrouillée avec lui à cause du tri de mes déchets (Monsieur MORALE). Mais le truc pire que tout, c’était au niveau des produits de bôté. Je suis une grande coquette, j’adore les cosmétiques et j’en consomme pas mal. Je suis le genre de personne à avoir 4 gels douche différents selon mes humeurs du jour (et y’a pire que moi je t’assure). Jean lui est partisan du savon de Marseille. Je salue l’effort. Mais le souci c’est que le savon faisait qu’il avait la peau avec une odeur genre acide. Tu vois ? J’aimais pas l’odeur de sa peau. Plusieurs fois j’ai tenté de lui faire acheter un gel douche bio avec une composition clean mais tu comprends « HEIN MAIS WELEDA CA COÛTE TROP CHER HORS DE QUESTION ». Quand t’aimes pas l’odeur de la peau de ton keum… Ça le fait pas.

Lorsque j’ai envoyé mon message « question logistique » à Jean ce fameux vendredi soir, j’ai reçu comme réponse des trucs super méga space =>

  • Hey coucou !! On s’organise comment pour ce soir ? A quelle heure tu termines le boulot ?
  • C’est compromis Matka. Voilà, je ne t’ai pas tout dit, mais je vois une psy depuis 10 jours. Elle me conseille de prendre du recul par rapport à pas mal de choses, dont toi.
  • Pardon ? Comment ça ? O_O Mais tu m’as jamais rien dit…  Du recul ? Une psy te dit ça ?
  • Ben… Non en fait c’est pas ça. Je pense que je veux te voir plus souvent qu’une semaine sur deux, je compte avoir des enfants et me marier plus tard.
  • Oui et ? Je crois que je ne comprends toujours pas ?
  • Ben voilà, tout est dit.
  • Ah non, j’ai du mal à comprendre. Exprime-toi clairement parce que là tout de suite,  je ne comprends toujours pas… Tu veux quoi ? Y’a quelques jours encore tu m’offres un bijou et là tu me dis non ? Mets-toi à ma place, je suis perdue Jean. Tu attends quoi de moi ? Sois clair bordel…
  • Ok, le silence qui en dit long. Merci de me laisser comme une merde, merci de me traiter comme si j’étais rien pour toi. Merci de me laisser espérer quelque chose et de me mettre une belle claque du jour au lendemain.
  • Non mais le prends pas comme ça, je voudrais qu’on se voie pour en parler.
  • Ah non mec, tu penses que je veux te voir après ça ? Laisse tomber. J’ai d’autres choses à faire et non, je ne veux plus jamais te voir. T’es trop blessant. Et putain de trop lâche, même pas tu prends ton téléphone pour m’appeler. T’es un connard. Jamais tu as été explicites avec moi, jamais tu ne m’as ouvertement dit ce que tu pensais. On aurait pu en parler depuis un moment et mettre les choses au clair.
  • Et encore ce silence qui en dit long. Oublie moi.
  • Non mais je fais une thérapie car c’est un gros problème chez moi, mes proches me le reprochent depuis toujours, je suis incapable d’exprimer quoi que ce soit… Je fais un travail sur moi-même. Je veux être seul.

Putain mais WTF c’est quoi sa putain d’histoire avec cette psy ?! Mec, dis les choses clairement !

Bordel.

Moi ne pas comprendre.

Moi me barrer.

Moi chialer seule.

Pendant une soirée. Juste une. Tu ne mérites pas plus Jean.

Quelques jours plus tard, le mec revient. Il souhaite me présenter ses excuses sur sa manière merdique de largage. Il ose me parler de rupture épistolaire => c’en est trop STOP. Arrête. Laisse-moi en paix. Je veux oublier. Je veux pas en savoir plus.

Depuis un an, pas de nouvelle. Tant mieux.

« The less I know the better »

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5 réflexions sur “First date (24) : Jean

  1. Alors meuf, autant je lis toujours tes histoires en me disant « mais quel bouffon !!! » autant là… ta liste de « choses qui vont pas » mais t’es sérieuse ??? La ponctuation de ses textos ??? et le fait de même pas vouloir s’expliquer en face à face alors que tu dis justement qu’il est boulet x1000 des sms ?? Pour moi ça ressemble juste à du gâchis… Mais ça fait des choses à lire pour occuper mes journées hehe ! Passe une bonne semaine ! 🙂

    Aimé par 2 people

    1. Hey Elsa !
      Je pense que tout est relié :
      à 40 ans ne pas être foutu d’exprimer clairement ses sentiments, c’est pas normal. Non, vraiment, ce n’est pas normal. J’ai déjà vécu cette situation pendant près de 10 ans et crois-moi, ce n’est pas gérable… Le fait de ne pas ponctuer ses messages, sérieux… moi je ressens le truc comme une discussion très fermée et froide, je suis sensible aux échanges écrits. Et vraiment, quand au bout de 6 mois tu reçois au quotidien ce genre de messages de ton keum c’est très agaçant.
      Mais p’tre que je me suis mal exprimée quand j’ai écrit mon article ? C’est assez difficile à expliquer, mais moi-même et mes proches, le point final c’est extrêmement rare. Tu peux trouver cela futile et je le conçois carrément ! Mais vraiment, je peux pas concevoir que mon mec ne m’envoie pas de sms GENTILS.
      C’est ça le truc, je suis sensible à l’écriture, si c’est froid est distant je suis persuadée que l’autre l’est. Avec lui me suis pas vraiment trompée !
      Au plaisir de te lire !

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  2. Salut ! Nan mais tu as raison de suivre ton instinct c’est sur? C’est que j’ai vu tellement de copines saboter de supers relations pour des détails… Tu lui as dit, simplement, que tu avais un problème avec ses messages ?

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  3. Je rejoins un peu Elsa.

    C’est un peu du gachis.

    Je pense qu’il est bon de comprendre que les hommes n’aiment pas de la même façon que nous les femmes.
    Une personne qui n’aime pas de la même façon dont on peu l’aimer, n’est pas forcément un signe de désamour. Au contraire !
    Juste qu’elle nous aime d’une autre façon. Sa propre façon, qui est singulière à tout un chacun.

    D’ou le fait « t’étudier » la personnalité de l’autre.

    Combien sont fortements attachés et ont justement peur de cet elan amoureux et font comme de rien… Malheureusement !

    Le fait de pas pouvoir/savoir exprimer ses sentiments, ma foi, des tares émotionnels, on en a tous.

    Je crois que le pauvre Jean était perdu et dépassé au moment des échanges, des fameux sms.
    Et qu’il à vite regretté ses manquements durant votre relation et lors de ces échanges speudos « rupturales ». lol

    Je pense qu’une discussion, pour éclaicir tous ceci aurait été salutaire pour tous les deux. Quelqu’en est été la finalité.
    Ça sonne un peu comme un acte manqué.

    Dans tes écrits, je peux me tromper, mais je crois qu’il était amoureux ce Jean et très attaché sous ses airs farouches.

    Dans tous les cas, comme on dit chez moi en créole (Guadeloupe): « Saki la pouw, dlo pa ka chayé’ye ! »

    « Ce qui est là pour toi, l’eau ne l’emporte pas ! »

    Ce qui signifie: Ce qui nous est destiné, nous reviens.

    Auquel cas, ça n’était pas pour nous.

    Donc, viva la vida ! ✌

    #Peace

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